En réponse à l’article "Le Vélodrome n’avait rien compris"
Je viens de lire votre article intitulé "Le Vélodrome n'avait rien
compris" et je me rends compte que si la Fédération Française de
Football suivait votre conseil, à savoir boycotter les stades où des
joueurs de l'équipe de France se font chahuter, le stade de France ne
pourrait plus acceuillir les Bleus.
posté le Sunday, August 20, 2000 9:01 PM par christian :: 532 visites ::
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Presse
En effet, permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire avec le cas Pedros (jouant alors à l'OM), obligé d'être remplacé en cours de match à cause des sifflets adressé à son encontre par le public parisien. De plus, sans aller chercher aussi loin, il faut se rappeller que Pirès et Dugarry se sont également fait copieusement siffler lors de leurs sorties sous le maillot tricolore lors de matchs à Saint-Denis.
De plus, comment peut-on en vouloir à un public passionné par le football et par son club fétiche de montrer son mécontentement à un joueur qui a démissionné de son poste de leader lorsque celle-ci se trouvait au plus mal. Plutôt que de tout faire pour remonter l'OM qui l'a sorti du néant catalan, il a préféré partir pour un avenir girondin plus doré... Pirès, resté jusqu'à la fin de la saison, n'a pas été sifflé, preuve que le public marseillais est sans doute plus connaisseur qu'on ne le pense.
Enfin, le climat du Sud est propice aux extrèmes : si le plus chaud et le plus fervent public de France est capable d'aduler ses idoles (Zidane, Blanc...), il en attend également un minimum, sans quoi une déception peut conduire au plus profond désavoeux.
Pour terminer, j'ajouterai simplement que tout est relatif. Vous voulez que l'équipe de France déserte dorénavant la ferveur du Stade Vélodrome ? Les Bleus n'auront qu'à aller tripoter la balle à Strasbourg. Là-bas, les sifflets n'y auront sans doute pas le même sens...
Grégoire Béal pour le Point Presse d'Online Massalia.
Monsieur Raymond nous a alors fait parvenir un courrier réponse peu original puisque diffusé auprès de toutes les personnes qui lui avaient manifesté leur mécontentement...
Cher lecteur...
J'ai lu votre mail et je comprends votre point de vue. Ce n'est pas le mien comme vous avez pu le lire. Je ne suis pas anti-marseillais ni pro parisien : en fait, je suis bourguignon :) je me m'inscris donc pas dans une opposition ridicule paris-marseille ou marseille-paris même si je sais qu'elle existe. En son temps, nous avons également dénoncé l'attitude du public du sdf. Quand aux événements de la Meineau, ils sont scandaleux et nous les dénonçons avec la même virulence.
A aucun moment, je ne vise les supporters de l'om dans mon article - je parle du public qui s'est rendu au vélodrome.
Que les sifflets d'anelka ou dugarry soient justifiés ou pas (pas selon moi car ce n'était pas l'ancien marseillais ni le parisien qui était à marseille mais les champions d'europe) la fête a quand même été gâchée. Parlez en à zidane ou à blanc et ils vous expliqueront ce qu'ils ont ressenti.
Bien à vous RR
Et voilà notre réponse :
Monsieur,
Il aurait été souhaitable que l'article que vous avez pondu pour Football365 (cf. "Le Vélodrome n'avait rien compris") soit empreint de la même probité qui caractérise la réponse à l'un de nos collègues d'Online Massalia.
Peu nous importe que vous soyez Bourguignon, Savoyard, Lensois, Marseillais ou Parisien. Nous voyons en vous un journaliste qui, par ces propos manquant d'une singulière relativité, a tout simplement attisé un peu plus l'animosité envers les Méridionaux. Par ignorance, sans doute, par souci de transformer un article en éditorial, sûrement, vous vous êtes fait le complice d'une cabale anti-marseillaise dont vous voulez vous exonérer.
Laissons de côté le titre tapageur de votre article. Après tout, il se peut que votre employeur dispose du budget suffisant pour s'assurer les services d'un titreur, bien que nous en doutions. Contentons-nous de reprendre vos dires :
"Que les Marseillais ne portent pas l'un de leur ancien joueur dans leur coeur, qu'ils haïssent le PSG, c'est évidemment leur droit le plus strict. Qu'ils jettent un grand froid sur une fête qu'on leur avait demandé implicitement d'animer, c'est tout simplement une honte. Heureusement, que ces spectateurs qui auraient mieux fait de rester chez eux n'ont pas poussé le ridicule jusqu'à conspuer Laurent Blanc et Didier Deschamps quand ceux-ci cédèrent leur place à l'heure de jeu à Frank Leboeuf et Patrick Vieira."
"Et le public du stade de France aura sans doute à coeur de rattraper la grosse tâche laissée par celui de Marseille, lequel, après son attitude méprisante vis-à-vis de l'équipe nationale, ne mérite clairement plus que celle-ci lui rende visite. Messieurs de la fédération,allez à Nantes, allez à Lens, allez à Saint-Étienne, vous y serez bien mieux reçus !"
Vous saurez, monsieur, que les sifflets contre Anelka venait d'autant de touristes arrivés par autobus de Lille, Strasbourg et même Lens. Vous saurez également que Dugarry aurait été sifflé dans n'importe quel stade de France, quelle que soit la couleur de son maillot. Nous n'approuvons ni ne désapprouvons l'événement, aussi disgracieux fut-il à vos yeux. Mais, en assimilant les sifflets aux seules bouches marseillaises (cf. la première citation), vous vous êtes rendu coupable de généralisation sans analyse, faute grave pour qui se dit professionnel. Quant à vos supputations concernant les sifflets envers Blanc et Deschamps, il relève presque de l'insulte à l'intelligence ou de voeux pieux, allons savoir...
En outre, assimiler une ville à quelques crétins siffleurs, appeler au déménagement des matchs de l'équipe de France ailleurs qu'à Marseille, aller jusqu'à sous-entendre que le public du Stade de France saura réparer la faute des sauvages de la capitale phocéenne, c'est agir de façon irresponsable en attisant la rivalité que vous qualifiez vous-même de ridicule.
Il eut été souhaitable que vous vous attardiez plutôt sur l'ovation sentie envers Zidane et Blanc, justement. Ou sur la ola monstre de ce même public du Vélodrome. Ou que vous mettiez tous ces actes des supporters en contrepoids. Ne serait-ce que pour laisser poindre un semblant d'objectivité. Mais nous rêvons.
Croyez bien que nous vous reconnaissons le droit de ne pas partager notre point de vue, voire de ne pas aimer Marseille ou l'OM. En fait, cela nous importe peu. Nous en avons contre cette tendance un peu laxiste qui consiste à tirer des conclusions générales à partir de faits peu ou pas analysés, à écrire des propos favorisant une polarisation géographique, voire à réclamer de la part de la fédération une mise au ban de toute une ville et région, pour le simple bénéfice de faire paraître un pseudo-article. C'est à croire que, secrètement, vous essayez de vous faire remarquer par l'Équipe, dans l'espoir d'y travailler un jour.
En guise de conclusion, nous vous suggérons la lecture de la dépêche de l'AFP concernant le match de l'équipe de France au Vélodrome, voire celui du site sportif de TF1 sur le Web. Ils sont nettement plus proches des principes professionnels du journalisme que le texte dont vous nous avez gratifié.
Veuillez agréer, Monsieur Raymond, nos salutations les plus respectueuses.
Jean Francois Laissus pour le Point Presse d'Online Massalia