Inutile de s'étendre sur cette autre défaite de l'OM à domicile, contre Toulouse cette fois-ci. Il ne fait plus aucun doute que ce club a atteint un abysse de nullité qui n'a d'égal que la bêtise de ceux et celles qui continuent à enrichir un actionnaire principal sabordeur en achetant maillots et autres calicots, dont certains ne sont même plus aux couleurs traditionnelles de notre OM chéri.
Nous pourrions deviser longuement sur l'état dépressif qui nous gagne, lentement mais sûrement, saison décevante après saison sans titre. Mais pourquoi diable nous évertuer à supporter ce spectacle déplorable, match après match?
La réponse, pour qui assiste à une soirée de match avec les membres d'OLM, devient d'une évidente clarté. Ce groupe d'OLMiens jouit d'une telle joie de vivre, d'un tel esprit de camaraderie et d'un tel humour que l'on en viendrait presque à oublier que Salim Arrache est titularisé pour le match qui nous rassemble!

Il faut dire que le match OM-TéFéCé était riche en rebondissements et comiques moments. Dans les tribunes s'entend. Par ce que sur le terrain, c'était aussi palpitant qu'une plaine de la Saskatchewan balayée par le blizzard hivernal... En vrac, nous avons eu droit au pétage de plomb de Tonini qui, en début de deuxième mi-temps, a, avec force langage coloré, exprimé tout haut à l'endroit des joueurs ce que tous pensent également tout haut. Disons qu'il bénéficiait de l'avantage indéniable, pour qui veut se faire entendre, d'une puissante sono orientée, une fois n'est pas coutume (ou trop souvent sous le règne RLD) , vers la pelouse du Vélodrome. Par la suite, les virages ont manifesté leur mauvaise humeur en demeurant assis et muets, si ce n'est pour réclamer en choeur le mouillage du maillot. Il y a eu débâchage dès la 65e minute; un feu attisé par l'insipide prestation des Olympiens et par les débris de toute sorte en virage Sud; le silence contrit de Cataldo pendant toute la deuxième mi-temps; un début d'échauffourée entre abonnés mécontents et footix en visite touristique, plus Marseillais le temps d'un match qu'un capitaine de ferry-boâtte; les récriminations des OLMiens contre Christian quant à la dénomination « match de gala » pour OM-Toulouse; les cris « JFL dans l'avion », en essayant éhontément de me faire passer pour le chat noir de service; les gutturaux grognements de notre Azrou grognon, qui invective les feignasses en bleu et blanc; les Fanatics, visiblement en transe, qui n'ont pas arrêté d'agiter drapeaux et fanions (Azrou faisant judicieusement remarquer : « C'est sûrement soirée Putes aujourd'hui chez les Fanatics! »); Christian, notre nouveau DartyMan, qui agrémente le temps en nous expliquant les rouages de la HotLine de son nouvel employeur, puis, enfin, la bronca finale, la vraie, celle qui ne pardonne plus...
Bref, comme on le voit, ce match-là, au sein du petit groupe OLM, il valait le déplacement... Et c'était sans compter sur le traditionnel passage au Petit Plat. Véro, Denis, Kakounet, Christian, Robert et votre humble serviteur étaient donc les commensaux du soir.
Le repas, toujours aussi agréable, a été interrompu par le passage bruyant des autobus des supporters toulousains, très heureux comme il se doit. À noter que les badauds et autres Marseillais applaudissaient sur leur passage, ce qui en dit désormais long sur le désamour des locaux sur leur club de millionnaires paresseux...
Le repas terminé, chacun est donc retourné, dans la bonne humeur, retrouver son chez soi. Je m'en voudrais cependant d'omettre deux anecdotes. La première revient à Kakounet, qui voyant un abribus de la RTM avec Cana, Nasri et Cissé de dos, se fait un devoir de contourner la structure, de se placer devant le Cissé autocollant, de se pencher un peu, de cligner des yeux et de lancer, bien fort : « C'est bien ce que je disais, ils n'ont pas de couilles!! » Hilarant et ô combien pertinent!
La deuxième anecdote se déroule au pied du virage Nord. Notre petit groupe passe devant un véhicule sans permis affrété par MicroRent. Le (minuscule) capot est ouvert. Deux grands gringalets s'affairent. Devant nos commentaires sur la mauvaise publicité que ne manque pas de produire un capot ouvert sur un véhicule identifié, le plus verbomoteur des deux compères se lance dans un véritable plaidoyer de son minuscule tas de ferraille. «Non! Non! C'est un très bon véhicule! On monte jusqu'à 95 - 100 km/h facile!» Je lui fait alors remarquer que c'est peut-être la raison de sa panne. Et le sieur de répondre : «Non. C'est un véhicule dont la batterie est plutôt faible. Elle se décharge vite. Mais j'ai ce qu'il faut pour la refaire démarrer...»
Notre groupe poursuit son chemin mais, après deux cent mètres seulement, se fait rattraper par la micro-voiture, dont le pilote fait allègrement ronfler le moteur. Et que voyons-nous? Un tableau de bord garni d'une multitude de néons vert et rose fluo, dans la plus pure tradition du tuning japonais! Véro se penche légèrement vers l'habitacle et s'exclame, d'un ton moqueur à peine voilé : «Ouh! Mais c'est Fast et Furious là-dedans!» Rire général!
Il aurait fallu que vous assistiez à la démonstration d'accélérations, freinages, dérapages dont nous gratifia ce Jacques Villeneuve en herbe au volant de sa micropuce sur roues de bicyclette. Elle valait à elle seule la soirée! Le genre d'événement que l'on ne peut voir qu'à Marseille!
Ceci étant dit, je vous conseille vivement de nous accompagner, qui au stade, qui au resto, voire qui (mieux encore) au deux activités. Il ne le regrettera sûrement pas et conservera, à défaut de la joie de voir son club gagner, des souvenirs impérissables d'une bande d'amis des plus agréables.
Longue vie à OLM!